La première fois, j’ai fait vingt minutes de queue, car il n’y avait que deux personnes pour quatre ou cinq caisses, rien que pour demander ce qu’il me faut pour demander l’abonnement. Bien sûr, dans une boutique qui respecte plus les clients, il y aurait peut-être une personne à l’accueil qu’on peut voir quand on a seulement des questions à poser. Là, il faut faire la queue. M’enfin. Je reviens donc le lendemain avec les papiers demandés pour apprendre, au bout d’un autre quart d’heure, qu’une quittance de loyer n’est pas un justificatif de domicile!
C’est marrant, avec mon petit cerveau j’aurais cru que si je montre que je paye un loyer quelque part, à la même adresse que celle de ma carte d’identité, ça prouve bien que j’y habite. Bah, il paraît que non. Heureusement que Franck avait la carte grise sur lui. Parce que ça, par contre, c’est un justificatif reconnu partout, vu qu’on peut pas déménager sans qu’une puissance divine le marque aux lettres de feu sur la carte grise, ce qui n’est pas le cas d’une quittance de loyer. Il y a peut-être des gens qui déménagent et continuent de payer l’ancien loyer aussi, allez savoir, pour tromper SFR sur leur adresse.
Enfin bref. Cette troisième fois, la dame accepte les papiers, je lui dis que je payerais par carte et non par chèque et elle commence à cliquer sur son ordi pour m’inscrire. Puis elle prend le téléphone et, de sa conversation qui dure quelques minutes et pendant laquelle elle nous ignore, je comprends qu’il y a un truc qui ne va pas. Assez agacée, je lui pose la question et elle me répond, très séreine, qu’elle s’est gourrée en tapant mon numéro de carte bleueu et que maintenant le système la bloque et qu’il faut revenir le lendemain. “ENCORE??”, j’ai envie de lui hurler, mais heureusement pour elle, je n’ai jamais eu les qualités vocales recquises pour ce faire.
Cette histoire commence à me porter sur les nerfs et j’ai vraiment très envie de leur fourrer leur abonnement là où j’pense et aller chez un autre fournisseur. Mais non, le chéri est chez SFR et veut absolument que j’y sois aussi pour qu’il puisse m’appeler en illimité. Parce que oui, mon homme est une vraie pipelette et on s’appelle souvent pour raconter des ragots pendant des heures, surtout quand je suis en caisse, en heure de pointe. Fin du sarcasme.
Le lendemain donc, en masochistes refulés que nous sommes, nous y retournons; mais enfin, tout se passe comme il devrait et après une demi-heure (dont au moins la moitié passée en queue, selon la coutume), je repars avec le foutu abonnement et un nouvel téléphone.
Et c’est là que je voulais en venir. Ce nouveau téléphone (nouveau, d’accord? j’insiste pour que vous remarquiez le mot “nouveau”) est mort après deux semaines. (Ai-je dit qu’il était neuf?) Je le ramène à la boutique, en leur expliquant qu’il ne voulait plus capter quoi que ce soit, quoi que je fasse, que oui, je l’ai rédémarré et même plusieurs fois, oui j’ai enlevé la battérie avant de rédémarrer et non, ça ne marche toujours pas. Le vendeur paraît si étonné qu’on aurait cru que je lui ai dit que Spiderman avait roulé sur mon portable avec un Batmobile volé et insiste sur le fait qu’il a le même téléphone à la maison – l’argument imbattable de tous les vendeurs – et qu’il n’y a jamais eu de problème avec cette marque (pour ne pas faire de la pub, je ne dirait pas qu’il s’agit de Sony Ericsson). C’est marrant, fais-je, mon autre portable c’est un S. E. et j’ai aussi des problèmes avec, et une copine à moi se plaint également du sien, quelle coïncidence, ne trouvez-vous pas? Le vendeur ne lâche pas le morceau pour autant et ne veut pas accepter l’idée qu’il m’ait vendu de la me… mauvaise marchandise, mais il le prend quand-même pour le faire réparer et m’annonce deux semaines d’attente.
Hier, je reçois un texto d’eux me disant d’aller le récupérer ; je suis étonnée, parce que ça fait moins de deux semaines. En rentrant de la fac, vers 19h, je veux aller à la boutique et Franck veut m’y attendre ; mais une fois là-bas, je n’arrive pas à l’appeler. Le comble de l’absurdité : devant la boutique SFR je ne capte pas SFR. Si je me déplace de quelques mètres, le portable trouve le signal, mais des que je veux appeler, je tombe directement sur la messagerie. J’essaye les textos, ça a l’air de marcher, mais dix minutes plus tard je n’ai toujours pas de réponse et je ne vois Franck nulle part.
Je suis exaspérée, je quitte mon poste de guet pour monter à l’étage, là où je capte le foutu signal et vlan ! je reçois d’un seul coup une demi-douzaine de confirmations de réception. Il essaye de m’appeler, je comprends rien du tout, j’essaye de le rappeler, je tombe sur la messagerie, je déteste SFR, je redescends à la boutique, il n’y est pas, je repars… il m’attrape par le bras, on s’est retrouvé en fin de compte ! Maintenant tout peut aller que pour le mieux.
Ca aurait été trop beau.
Dans la boutique, nous attendons pendant une bonne dizaine de minutes devant le bureau au dessus duquel c’est marqué en grosses lettres rouges « Service après vente » et où, vous devinez bien, il y a personne. Les autres vendeurs s’occupent de leurs affaires, ils doivent croire qu’on est là pour les regarder. Enfin, une blondasse nous pose la question : « Vous attendez pour le service après vente ?
- Non, j’ai envie de lui répondre, on est devant juste pour faire joli dans la boutique, qu’est ce que t’en crois ?
- Oui, nous lui répondons en chœur.
- Oh, mais il n’y a personne…
Nooon, c’est vrai ? on l’avait pas remarqué.
- Il faudrait repasser derrière et faire la queue, ou sinon revenir…
Des envies de meurtre se bousculent dans ma tête et la voix de la raison se fait entendre à peine. J’essaye de lui expliquer que c’est eux qui m’ont dit de venir, que c’est juste pour récupérer un téléphone neuf qui m’a été donné par eux et qui est tombé en panne après deux semaines (autant essayer de réveiller des sentiments de culpabilité chez une mère Tyrannosaure), ce qui veut dire qu’elle n’a qu’à lever ses fesses, aller le chercher et revenir, au lieu de prétendre que ce soit encore moi qui revienne. Nan, rien à faire, elle me répète la même chose.
- Madame, demain je suis à l’école de 8h à 19h, après-demain je travaille de 11h à 19h, après-après-demain je suis encore à l’école de 8h à 18h, vous voulez que je vienne quand ?!
- Heuuu…
J’attends juste encore deux semaines et s’il tombe encore en panne, ils vont devoir bien se tenir, parce que j’irai les voir et je serai très, très énervée.

peu plus près. Ne pas faire des mouvements brusques, parce que je m’enfuirai tout de suite et tu devras tout recommencer. Tu dois être patient avec moi, écouter jusqu’au bout mes silences, parce que j’ai des choses à dire et des histoires à raconter. Et évite à tout prix de te moquer de moi, parce que je me renfermerai à un tel point que tu ne me feras point sortir à nouveau de mon terrier.